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December 21, 2008

يرجى من القراء الكرام العودة إلى الموقع الألكتروني القيم الذي تمت ضيانته

http://www.albadilaltaharrouri.com/

 

contre le capitalisme ضد الرأسمالية

December 15, 2008

ننشر هنا هذه المقالة التي وصلت إلى البديل اليوم بالذات (14-12-2008) من رفاقنا في CNT AIT في فرنسا. بكل أسف لا نستطيع ترجمتها إلى العربية. في خطوطها العريضة، في هذه المقال يبين الكاتب أن النضال من شأنه تحقيق إنتصارنا على الرأسمالية, وهو ينتقد بشدة الموقف الهزائمي الذي يتخذه اليوم جزء كبير من اليسار. ففي لبنان أكثر من أي بلد آخر نسمع كل يوم ردوداً من نوع: لا نفع من التظاهر، لا نفع من الكتابة، لا نفع من التنظيم.. سوف تفعل الحكومة ما تشاء شئنا أم أبينا.. والفساد لا حول ولا قوة..  أكثر من هذا بعض اليسار اللبناني يصرح اليوم دون حياء أن الرأسمالية طريق مرور لا بد منه..

 

في هذا المقال يفسر الكاتب الرفيق كيف أن العمال لا يستطيعون الإنتظار طويلا.. بل سيطفح الكيل ذات يوم وهذا حتمي.. وهو يعطي مثال رب العمل الهندي الذي تمَّ سحلُهُ في الأيام الأخيرة على يد عماله. وما يحصل في اليونان وأيطاليا وفرنسا هي بوادر لثورة جديدة لأن العمال والكادحين لن يقبلوا بإستغلالهم. في لبنان اليوم تكثر الشركات الأجنبية التي تستثمر في البلد (الله يكتر خيرها) ولكن العقود التي تعقدها مع العمال (غالبيتهم من حاملي الشهادات الجامعية) في السربرماركات والقهاوي (ستاربكس) هي عقود مؤقتة والأجور هشة وكل ذلك يتم تحت شروط قاسية تطلب المردود والتيقظ  والنشاط الدائمين، وهي معايير جديدة لدين جديد إسمه الماركتينغ والسوق الحرة والدينامية وغير ذلك من التفاهات.. لو لم نكن ضد الستالينية بعمق لكنا ترحمنا على عهد هذا الشيوعي المزيف… وشبابنا يضطر القبول بهذه الشروط، لا سيما وأن أبواب الخليج بدأت تقفل,

 

اليسار اللبناني أمام كل هذا لا ينطق  ببنت شفة والمثال الأبرز الحزب الشيوعي اللبناني الذي يتلطى خلف نضالاته الكلامية ضد الصهونية والأمبرليالية (ما عيرها) وبوش إلى جانب بلد الحريات سوريا البطلة.

 

                                         البديل الشيوعي التحرري- لبنان

                                                                        14-12-2008

 

 

 

Nous ne voulons pas payer pour leurs crises

 

 

Vous pouvez regarder les infos de la télé, lire les journaux : les luttes
sociales dans le monde ne font pas la première page, ni la deuxième.
Y compris dans le milieu dit militant, les négateurs sont à l’oeuvre
et les défaitistes sont à leur travail. Il y a ceux qui nous promettent
qu’ils ne se passera rien et ceux qui voient systématiquement la main de
la
CIA (ou le risque néofasciste, au choix) derrière le moindre mouvement
de collégiens. Rares sont ceux qui tentent de déchiffrer, dans ce monde
en plein chamboulement, les signes d’une résistance sociale.
 
Pourtant, ce travail est d’importance. Car le capitalisme en déroute a
besoin de temps pour se refaire une santé. Pour lui, il est primordial que
tous ceux qui se battent sur cette planète soient inaudibles, car rien
n’est plus contagieux que l’exemple de mouvements populaires : c’est
pourquoi les médias ne feront jamais ce travail d’information pour nous,
ni les politiciens. Certes, on peut déduire de la victoire annoncée
d’Obama aux USA [article écrit fin octobre 2008], de la montée dans les
sondages de Besançenot, qu’il se passe quelque chose sur cette planète qui
ressemblerait à une inflexion idéologique, mais ces éléments d’infos
largement affichés dans les médias ne le sont pas pour rien. L’un comme
l’autre, ces politiciens et leurs semblables, s’ils ont en commun de se
présenter comme porteurs d’espoirs, sont avant tout des pions de la
stratégie de la bourgeoisie qui consiste à temporiser, à nous faire nous
promener d’une illusion à une autre, à éviter tout passage des masses à
l’action. Et cela se comprend car…
 
QUAND LES OUVRIERS SE BATTENT, LES PATRONS TRINQUENT
 
Depuis des mois, les USA font les gros titres de l’info. Mais, bien peu de
lignes sont consacrées à la grève massive chez Boeing ! Pourtant, le géant
mondial de l’aéronautique est depuis le 6 septembre à ce jour (1er
novembre) paralysé par une grève votée par 87 % de ses 27 000 ouvriers
mécaniciens. Le syndicat des mécaniciens, l’International association of
machinists and aerospace workers (IAM) exige des augmentations salariales
de 13 % sur une durée de contrat de trois ans et refuse le recours de
Boeing à la sous-traitance. La direction de la firme de Chicago ne veut
pas aller au-delà d’une augmentation de 11 %, sans tenir compte de primes
diverses. L’IAM n’est certainement pas révolutionnaire. Mais elle n’a pas
hésité à mener une grève dure. Et sa base est motivée à faire cracher le
morceau au patronat. En tout cas, la grève coûte cher à Boeing, et ça,
c’est déjà positif : son bénéfice est tombé au troisième trimestre à 685
millions de dollars, soit 96 cents par action, contre 1,1 milliard (1,44
dollar) un an plus tôt. Les analystes estiment que chaque jour de grève
représente 100 millions de dollars de chiffre d’affaires perdus.
 
Autre exemple de réaction ouvrière à une pression insupportable : en Inde.
Bien que ce pays soit traversé par une multitude de conflits de classe,
jamais une information globale n’est donnée par nos médias. C’est à
travers ce qui est présenté comme un fait divers que l’on peut apprécier
la température sociale. Elle a l’air chaude. Le 22 septembre dernier le
conflit social affectant une entreprise de la banlieue industrielle de New
Dehli a tourné à l’émeute. Le PDG a été lynché par 200 anciens employés
furieux d’avoir été licenciés et touchés dans leur dignité. Ses
ex-salariés d’une filiale indienne de l’équipementier automobile italien
Graziano Transmissioni India avaient été conviés par leur ancien patron à
une réunion de conciliation. En fait de conciliation, le patron demandait
à chacun une lettre d’excuses. Le comble de l’insolence. Furieux, les
travailleurs rassemblés devant l’usine s’y sont engouffrés lorsque les
grilles se sont entrouvertes pour laisser passer une voiture. La foule a
détruit les automobiles stationnées dans le parking, enfoncé les vigiles
et frappé le PDG. Les heurts ont fait, en tout, un mort (le patron) et une
quarantaine de blessés dont vingt-trois ont été hospitalisés en soins
intensifs. Rendu probablement prudent par la vigueur de la réaction, le
ministère indien du travail a déclaré qu’il conseillait aux patrons de ne
pas trop exaspérer leurs exploités… On ne sait jamais en effet…
 
ET QUAND LA VAGUE MONTE, LES CRÉTINS VOIENT DU CALME PLAT
 
Ainsi donc d’un bout à l’autre de la terre des ouvriers se battent,
passent à l’offensive, infligent à leurs chefs pleins de morgue des pertes
physiques et matérielles considérables. Mais nos vieux gauchistes
continuent à tenter de bercer le bon peuple sur l’air de “inutile de faire
quoi que ce soit, de toute façon, c’est perdu d’avance”. Ainsi, l’un d’eux
écrit : “Bref, il n’y aura ni chute finale du système, ni lutte finale qui
l’abattra. Après une bonne purge dans les circuits financiers, … des
restructurations dans les milieux financiers, les choses vont redevenir
comme avant. L’Etat se retirera peu à peu de l’économique… vont sagement
retrouver leur rôle (rappelezvous mai 68 !)… en préparant les prochaines
élections et… en attendant la prochaine crise”. Ce qui n’a d’ailleurs pas
empêché l’intéressé d’être un pilier de ces organisations pendant des
années… mais, bon, on est bien obligé de les critiquer un peu maintenant,
pour tenter d’être crédible !
 
Bref, ce à quoi nous assistons dans ce pays, du grand silence des
syndicats jusqu’aux discours les plus creux, n’est pas autre chose que la
tentative de provoquer le découragement de tous ceux et celles qui,
aujourd’hui, sentent que c’est le moment de porter des coups de boutoirs à
un système qui trébuche.
 
Pas de perspective de lutte ? Plus près de nous encore, en Grèce, voici,
transmis par des copains de là-bas, ce qui s’est passé le 21 octobre
dernier : “La réponse de la population grecque à la crise sociale fut déjà
immédiate l’année passée, de grandes manifestations ont eu lieu et
beaucoup d’anarchistes y ont participés activement. Cette année la lutte
continue. Le 21 octobre grève des services publics et privés, … les
transports publics ne fonctionnent que pour permettre de se rendre à la
manifestation et les hôpitaux acceptent seulement des cas d’urgence. Les
couches moyennes ellesmêmes se sont mises en grève le 22 octobre, sous le
slogan “On ferme pour qu’ils ne nous ferment pas”.La manifestation, qui a
eu lieu le 21 octobre, a attiré beaucoup de monde, même les retraités, qui
sont tellement touchés par la crise. La présence des lycéennes et des
collégiennes sous le panneau “C’est pas les livres, c’est pas les notes,
ce qu’ils nous volent c’est notre vie” était dynamique, 150 lycées et
collèges sont en grève depuis le début d’octobre. Les étudiants et les
ouvriers étaient également très vindicatifs. La manif commence et des
anarchistes entrent dans une banque, qui normalement devait être en grève,
ils font sortir tout le monde et ensuite ils détruisent les ordinateurs,
l’ATM, les vitrines et ils y jettent un cocktail molotof, la réaction des
jeunes qui étaient dehors, étaient assez encourageante, ils criaient
contre les briseurs de grève et plusieurs d’entre eux stimulaient les
anarchistes à sortir l’argent et à le distribuer”.
 
En Italie, fait symptomatique, c’est autour de ce même mot d’ordre “Nous
ne voulons pas payer leurcrise”, que grandit un énorme mouvement de
masse, ce qui fait écrire à un internaute sur le forum de la CNT-AIT Caen
: “Ce qui se passe en Italie est très important. Cela rappelle ce qui a
été fait en France lors du mouvement anti CPE. Comme en France, il y a une
très grosse mobilisation nationale, toutes les villes sont touchées par
des mouvements, des grèves et des occupations. Il y a dans ces
manifestations non seulement des étudiants et des lycéens, mais aussi des
professeurs et apparemment des gens qui n’appartiennent pas à l’éducation
mais sont solidaires avec ce mouvement.
 
D’après ce que j’ai pu lire en italien, et de ce que j’ai pu comprendre,
s’organisent des meetings ou des centaines d’étudiants discutent et
débattent pour savoir comment développer la mobilisation. Ces assemblées
ont lieu dans des endroits publics et sont ouvertes à tous. Bien sûr ce
mouvement se situe dans un contexte différent de la France de 2006, à
savoir qu’outre la grosse attaque qui est menée (réduction massive de
financement de l’éducation, réduction massive du personnel, on parle de 87
000 suppressions de postes) il y a tout le poids de la crise financière
qui s’est invitée. Beaucoup de manifestants ont scandé “Nous ne voulons
pas payer la crise”. La jeune génération est dans la rue, inquiète de son
avenir, et il est encore plus sombre avec les perspectives de récession
qui sont devant nous. Ce mouvement a été très peu médiatisé en France. En
fait la bourgeoisie française a peur d’en faire la publicité et que cela
réveille les souvenirs du printemps 2006. Depuis 2003 les ouvriers
reprennent une dynamique mondiale de luttes ; dans le contexte de crise
actuelle, ces luttes vont se développer. On est encore loin de la
révolution, mais toutes ces luttes de résistance contre les mesures que
vont de plus en plus prendre tous les Etats du monde sont nécessaires pour
que se développe la conscience que ce système est pourri, qu’il ne peut
plus rien apporter et qu’il faut le détruire.”
 
Alors, les amis, ne baissons pas les bras. Si chacun prend ses
responsabilités, non seulement nous ne payerons pas leur crise mais eux
payeront pour leurs crimes. Haut les coeurs !
 
J.-C.
 

 

رغم الأومة تنتفخ جيوب المستغلين/ Malgré la crise les poches des exploiteurs s’enflent – Article de nos camarades de la CNT

November 30, 2008

Crise ou pas, les milliards tombent toujours dans la poche des
exploiteurs !

Vous croyiez que la crise avait disparu ? Et bien non ! Elle est à nouveau
d’actualité et s’immisce dans les conversations. Par le biais de leurs
multiples appareils idéologiques d’Etat (les médias, les syndicats
réformistes…), les politiciens la définissent comme étant la résultante
d’une folie sans borne et d’une immoralité des boursicoteurs qui seraient
les seuls fautifs.

Mais ce n’est là que pure jactance et mensonge. En effet, les politiciens
sont peu diserts sur leur responsabilité et implication ; ils ont tous
largement contribué à une dérégulation méthodique pour les besoins du
marché. Il n’était plus question de l’économie administrée au nom de
l’économie concurrentielle. Tout en désignant les spéculateurs à la
vindicte des couches populaires, les politiciens les sauvent de la
banqueroute. Le comble du cynisme est que tout ce beau monde profite de la
situation pour se refaire une virginité, en avançant l’idée vague d’une
jurisprudence universelle : “le Bretton Woods bancaire”.

L’histoire du capitalisme n’est qu’une succession de crises cycliques,
courtes ou longues, plus ou moins dispendieuses, qui débouchent soit sur
la récession ou la dépression, dégénérant même en des conflits armés ;
elles sont, d’ailleurs, un mal intrinsèque du capitalisme qui est parvenu
à s’adapter et à muter pour l’instant.

Le capitalisme repose sur la logique de la recherche exponentielle du taux
de profit, qu’il soit d’ordre réel par l’extraction de la plus-value ou
d’ordre purement spéculatif (sur la valeur des actions et de leur
rendement) et peu importe si cela amène misère, famine, pollution… La
période supposée des trente glorieuses n’aura donc pas fait exception à
l’histoire du capitalisme, puisqu’elle contenait les germes de ces
contradictions qui allaient aboutir à la crise actuelle : l’usage massif
du crédit (affectant les Etats, les banques, les particuliers), la
saturation des marchés (engendrant le non écoulement de la production) et
le saccage écologique.

Aujourd’hui, face à une quasi faillite générale du système, on nous
ressort les vieilles recettes : faire fonctionner la planche à billet,
recourir davantage au crédit, accroître l’action de l’Etat, etc. Mais qui
peut dire que la médication keynésienne a encore un avenir ? Ce qui se
passe n’est donc pas très étonnant et les couches populaires paient encore
un peu plus la facture, tandis que les responsables continuent à jouir des
bénéfices que leur procure le système capitaliste. Quoi qu’il en soit, la
stagnation, le rognage des salaires (directs et indirects) et l’inflation
vont encore être le lot de cette nouvelle cure d’austérité visant à
perpétuer les privilèges.

Alors que faut-il faire ? Continuer à se chloroformer devant la télévision
ou dans d’autres gadgets… Loin de nous, anarchosyndicalistes, l’idée de
succomber à la pacification (comprenez l’apathie généralisée ou le règne
de “la paix-armée” de l’Etat post-totalitaire) et à la petite morale
compassionnelle. Seule, la lutte paye ! En effet, l’auto-organisation
permet à chacun d’intervenir dans des comités de lutte et les assemblées
générales, là où peut s’établir une authentique liaison entre les
exploités, afin de dépasser le corporatisme en posant des revendications
unifiantes. L’auto-organisation est le premier pas de notre “autonomie”
vis-à-vis de ceux qui concourent à notre oppression.

Encore faudrait-il, quand une tentative d’auto-organisation se met en
place, qu’elle ne soit pas paralysée de l’intérieur par de faux débats,
voire une bureaucratisation larvée ; les prises de décisions et leurs
applications, elles se prennent et se vérifient sans aucune exception, à
la base, dans les assemblées générales ; la démocratie-directe, afin
qu’elle ne s’intoxique dans le pseudo-démocratisme, n’implique que les
partisans de la lutte et ceux-ci doivent écarter ses adversaires. Que
chacun se positionne donc !

C’est de zéro que l’on repart ! Recommencer… Anarchosyndicalistes, nous ne
nous leurrons pas sur cette situation du moment et ses difficultés. La
lutte ne peut être fructueuse que si elle est capable d’engendrer un
mouvement de masse extrêmement diffus et tenace, agissant sur l’ensemble
du territoire en déconcentrant ses actions pour les démultiplier, dans
l’optique d’une grève généralisée, avec des poussées spontanées
(débrayages et grèves improvisés, manifestations sauvages…) faisant tâche
d’huile.

L’heure n’est plus à la résignation : les habituelles balades dans le
centre ville, accompagnées du “chant des sirènes”, afin d’obtenir des
négociations truquées d’avance, ne produiront que davantage de lassitude
et de frustration.

Ils nous veulent apathiques et soumis,
soyons offensifs : résistance populaire autonome !

Caen, novembre 2008

CNT-AIT
Association Internationale des Travailleurs
BP 2010
14089 Caen Cedex
cnt.ait.caen@free.fr
http://cnt.ait.caen.free.fr

Fête de l’indépendance/ عيد الإستقلال – كلمة شهر تشرين الثاني

November 21, 2008

يستقبل اللبنانيون عيد الإستقلال بشعور اللاإستقلال..

اللاإستقلال عن التدخلات السياسية الأجنبية،

اللاإستقلال الإقتصادي لأن الجيوب فارغة بسبب الهدر والنصب والفساد المستشري في كل أروقة النظام..

مع هذا لا يزال يتغنى الحكم اللبناني بغرامه بالخصخصة وبتشجيعه لها فيما الحل يكمن فقط في إرساء دعائم نظام إشتراكي حقيقي حيث يتم تأميم القطاعات الأساسية (التعليم، الصحة، النقل..) وتلغى السرية المصرفية ويقر التقاعد وتعويض البطالة لجميع الناس وتفرض الضريبة التصاعدية على الأغنياء ويصادر جزء من أملاكهم..

وتعاد قراءة ماركس وباكونين..

ويصار إلى نقد ذاتي من قبل جميع الشيوعيين لفترة القمع الستاليني وجرائمه البشعة..

 

البديل الشيوعي التحرري

21 تشرين الثاني 2008

بيروت

 

 

 

Terrorisme en France – Affaire de la SNCF

November 19, 2008

Nous reproduisons ici un article de groupe CNT de Rouen sur les sopposés actes terroristes contre les trains de la SNCF

Affaire sncf ou l’emballage médiatique : communiqué de l’union CNT AIT de
Rouen

Le 11 Novembre au matin, une dizaine de personnes sont appréhendés au
sujet des incidents survenus récemment sur les lignes SNCF et placés en
garde à vue dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Les accusations de
notre ministre de l’intérieur déclenchent aussitôt une fièvre
spectaculaire médiatique où l’on peut lire et entendre tout et son
contraire au hasard des éditions. Seul la culpabilité d’une « mouvance
anarcho-autonome » fait l’unanimité. Encore une fois, les médiats se font
l’écho du gouvernement, rejetant la présomption d’innocence alors que les
personnes arrêtés sont encore en garde a vue.

A ce jour, aucune preuve matérielle ne vient étayer l’hypothèse policière,
alors que les suspects étaient surveillés et filés depuis des mois
jusqu’au soir même. Mais il faut des coupables et vite! Ces dix personnes
peuvent voir leur garde à vue prolongée jusqu’à 96 heures, 4 jours, dans
les conditions dont l’on se doute sous le feu roulant et continu des
interrogatoires, nourris de quelques sandwichs, dormant peu, ne pouvant se
laver. Le Gouvernement est dans son rôle, pointant ceux qui, par leurs
écrits, leurs façons de vivre, offre un autre possible que la société
marchande. Il a besoin d’un ennemi pour vivre. L’injustice, l’isolement et
la peur sont ses outils pour s’en fabriquer. La Direction Centrale du
Renseignement Intérieur, créée cet été, doit prouver sa pertinence et son
budget en faisant du rentable et du chiffre. Il faut des boucs émissaires.

Les unes de nos journaux vont de supputations en procès d’intention avec
l’assurance de la vérité, jouant une pièce pour la millième fois. Les
irlandais de Vincennes ne sont pas loin pourtant… Le quatrième pouvoir
ne lâche pas la bride. 10 jeunes gens désignés comme terroristes,
subissent des lois d’exceptions sans une preuve, avant même une
inculpation, parce que quelques trains ce sont arrêtés, comme cela arrive
tout les jours avec des gamins tirant sur les sonnettes d’alarmes… Hier
le GIGN sautait sur un bateau parce que des grévistes utilisaient leur
outil de travail, des juges même étaient bousculés en défendant le leur…
Aujourd’hui des manifestants croupissent en préventive pour avoir
transporté des fumigènes et des clous tordus pour crever des pneus, des
Maires même, des élus, des magistrats sont menacés s’ils n’appliquent pas
le service minimum lors des grèves…

Nous ne savons pas, nous anarcho-syndicalistes, ce qu’est une « mouvance
anarcho-autonome », terme facile et flou inventé par les policiers. Nous
savons ce qu’est l’anarchisme ouvrier, nous savons ce qu’est l’autonomie
prolétarienne. Nous nous souvenons qu’un secrétaire général de la CGT, un
fondateur, a théorisé le sabotage comme outil de lutte lorsque la grève et
la manifestation ne sont plus possibles. Il fait partit de l’héritage du
mouvement ouvrier, comme nos mutuelles et nos syndicats. Ce sont des
anarchistes qui les ont créés, afin d’être autonome devant les
corporations et les dames patronnesses. Un saboteur est il un terroriste?
Un train sans électricité vaut il un détournement d’avion, voir les
guillotines de Robespierre? Il est vrai que les résistants de la SNCF
étaient appelés terroristes. La terminologie est réservé au pouvoir. Quel
que soit l’auteur de ces sabotages, quel que soit ses motifs, une loi
d’exception est absurde. Nous voyons a quel point notre société policière
peut facilement, avec ses fichages, ses dérogations, sa puissance
reprendre notre maigre liberté et notre faible égalité.

Libération immédiate des personnes arrêtées

Abolition des lois sécuritaires LSI, LSQ et Perben

CNT-AIT de Rouen

http://cntaitrouen.blogspot.com/

cnt.ait.rouen (at) no-log.org

اللبنانيات مع خادماتهن

November 18, 2008

بيان سياسي

 

اللبنانيات مع خادماتهن في السوبر ماركت أو في السيارات يشبهن الكلاب

 

 

                                  مع كلاب صغار

 

                                           البديل الشيوعي التحرري

                                             20-11-2008

 

كلمة شهر حزيران

November 18, 2008

كلمة حزيران 2008

خواطر حول إتفاق الدوحة والوضع في لبنان

 

صُنِع إتفاق الدوحة في بلد غير ديمقراطي. ذهاب جميع الزعماء اللبنانيين هناك للمصالحة والخروج بإتفاق فيه شيء من “البهدلة” شئنا أم أبينا. لذا فإن هذا الإتفاق لا يمكن أن يكون حلاً للوضع اللبناني. الحل الوحيد هو في أخذ المبادرة من اللبنانيين أنفسهم والتشاور والتصالح في ما بينهم دون وسيط..

كيف يمكن أن ينصحنا بلد (قطر) لا نجد فيه تظاهرة عمالية واحدة، ولا حريات عامة وشخصية، ولا مساواة بين الرجال والنساء وحيث الفوارق الطبقية ضاربة أطنابها.

زعماؤنا يتقاتلون على قسمة الجبنة وتأليف الحكومة والناس لا تزال تنتظر زيادة الأجور. نحن نعلم أن ثمة مشاكل سياسية كبيرة (ضرورة المحكمة الدولية لمحاكمة المسؤولين عن الإغتيالات (لا سيما الرفيق جورج حاوي) والإتفاق على ضرورة وضع سلاح حزب الله بعهدة الدولة اللبنانية) ولكن من لا يعرف أن المسألة الإقتصادية هي في آخر هموم الزعماء السياسيين.

لا خروج من الأزمة في لبنان دون إعتماد نظام متطور متحرر يلغي القيد الطائفي كلياً. طبعاً هذا مستحيل الآن طالما ثمة تنظيمات تتآكلها الطائفية (على سبيل المثال التابعين للنظام الإيراني التيوقراطي). كيف نطلب من المسيحي إلتزام العلمانية طالما ثمة غالبية إسلامية غير علمانية تفصح يومياً عن رفضها للعلمانية ولا تكف عن التلويح بالجمهورية الإسلامية “القادمة لا محال”..

هل يمكن إيجاد حلول في طرح الفدرالية الشيوعية؟ نحن نقول نعم..

بما أن هذا البلد الصغير يحتوي على عدد هائل من المفكرين والمثقفين الذين أعطوا ما أعطوا من الفكر التنويري فلماذا لا نشتغل على بلورة فكر علماني إشتراكي توافقي مرحلي يوصل أولادنا بعد حين إلى بر الأمان، أي إلى نظام علماني يزيل مخاوف الأقليات من بعضها البعض في هذا البلد الذي ليس فيه سوى أقليات..

إن الديمقراطية الأميركية المزيفة أفضل من التيوقراطية الإيرانية المتزمتة والقروسطية. نقولها مع الأسف الشديد ومع كل اعتذارنا من المناضلين “والمستفيقين الجدد” في نضالهم ضد الأمبريالية الأميركية على الراديوات فقط وفي صحف النظام الإستبدادي، كحالة النظام السوري الذي يقاتل بدم شهدائنا من حزب الله.. ويتفاوض مع إسرائيل سراً وعلناً..

نحن كشيوعيين تحرريين وبصرف النظر عن أهدافنا العليا والسامية والتي تتمثل في إقامة مجتمع شيوعي تحرري تتجمع فيه وسائل الإنتاج الأساسية وتصبح غالبية الخدمات مجانية تماماً ويسود مبدأ “من كل حسب إمكاناته ولكل حسب إحتياجاته”، نقول بصرف النظر عن هذا الهدف السامي نحن نناضل الآن من أجل مجتمع ديمقراطي ليبرالي يشكل حلاً وسطاً يؤمن لنا شروط النضال من أجل غاياتنا العليا.

لا.. إتفاق الدوحة ليس الحل. والتقاتل المذهبي المعيب في بيروت والمناطق الأخرى بين السنة والشيعة هو تقاتل سياسي في الأساس وليس مذهبياً. والشيعة ليسوا جميعهم حزب الله بل أقلية منهم.. لولا المال الإيراني ينكفئ حزب الله إنكفاء شديداً، ولولا السلاح الإيراني كذلك.. وبعد أن استُخدم سلاح حزب الله والميليشيات التابعة له في الداخل لم يعد حزب الله الحزب المقاوم بإمتياز.

العقلانية تقتضي أن يكون سقفُنا متواضعاً هذه الأيام وأن نناضل من أجل الأمور التالية:

  1. إرساء قواعد نظام ديمقراطي ولو شكلي بالمعنى السياسي، يضمن الحريات العامة ويحافظ على الحد الأدنى من التقليد الديمقراطي والانفتاح.  
  1. بذل الجهود لنشر الفكر العلماني والقطع مع الفكر المذهبي، ما يقتضي عملاً دؤوباً نضالياً وإعادة قراءة أمهات الفكر الإشتراكي العلماني بل الإلحادي (ابن الراوندي، ماركس، فرح أنطون، يوسف إبراهيم يزبك، فرج الله الحلو).

 

  1. القطع مع العداء للغرب والتعاون مع شرائح المجتمع الغربي من لا سيما اليسار وجمعيات حقوق الإنسان.

 

  1. الإنفتاح علي جمعيات وأحزاب المجتمع الأهلي في لبنان لا سيما تلك التي تجمعنا معها قواسم مشتركة (الفكر الليبرالي الديمقراطي مثل تيار المستقبل، القوات اللبنانية، الكتائب، الحزب التقدمي الإشتراكي، وحتى حركة أمل)؛ الإنفتاح علي جمعيات وأحزاب المجتمع الأهلي في البلاد العربية: نعلم أنه في جميع الأقطار العربية ثمة حراك إجتماعي قوي تساهم في تعزيزه وسائل الإتصال الحديثة وحتى في بلدان الخليج العربي. هذا الإنفتاح يعيد للبنان دوره في الحث على التغيير في المجتمع العربي.

 

  1. كشف الدور الكبير الذي تقوم به الأنظمة القمعية والطبقية في البلاد العربية في تعزيز ما يسمى الإسلام السياسي والأصولية الإسلامية. فالقمع لا يولد إلا الأصولية والتطرف والسلفية وعالم الماورائيات.
  1. العمل على إجتناب الوقوع في فخ “المعاداة لبوش”. فهذه المعاداة عندما تصل إلى حدود غير عقلانية يمكن أن تؤدي إلى الإرتماء في أحضان الأصولية والظلامية. نؤكد من جديد هنا موقفنا: بين بوش وأحمدي نجاد لا تردد لدينا. بين ساركوزي وأحمدي نجاد أو الأنظمة العربية القمعية والإستبدادية لا تردد لدينا..

 

                                         البديل الشيوعي التحرري
10/6/2008
لبنان

 

Extrait de Non Fides N°2 et de la brochure Réflexions sur le Travail

November 14, 2008

Nous publions un article de la camarade Pia sur le concept CADOR. C’est dommage qu’on ne peut le traduire en arabe tout de suite. En effet le Liban et le monde arabe regorge ces jours –ci de ces sociétés qui embauchent des dynamiques cravatés diplômés. Ils ne tardent pas à se désenchanter les pauvres. Nous continuons à penser que seuls une société communiste libertaire possède la solution.
L’article nous est parvenu par les camarades de la CNT AIT.

Courtois, Accueillant, Dynamique, Organisé, Rigoureux

Oui, je suis un CADOR !

« Vous partagez nos valeurs et notre ambition ? Vous êtes passionnés
d’événementiel, de street marketing, d’affichage ? Vous aimez le contact ?
Votre dynamisme et votre créativité se conjuguent avec votre écoute client
? Rejoignez les équipes Posterscope et participez au développement de la
Communication Out Of Home. »

Posterscope, l’agence leader en communication hors foyer

Après avoir postulé par Internet, Posterscope, société de « street
marketing », me propose un rendez vous à son siége dans le quartier de la
Défense à Paris. Quartier où règnent les zombies encravatés, les buildings
surdimensionnés, ainsi que divers personnels d’origine étrangère pour
récurer les chiottes des zombies et buildings sus mentionnés. C’est moche
à se damner. Arrivé à bon port, je me rend compte que nous sommes sept
dans cette salle décorée de posters à l’effigie de marques de sport bien
connues. Cette salle me rappelle les locaux dans lesquels travaillait mon
père avant de se faire jeter (d’ailleurs, il m’est désormais plus simple
de comprendre comment trois employés ont pu s’y suicider ces dernières
années) : pas de couleurs, pas de beauté, que du fonctionnel. Des trous
dans les bureaux pour y faire passer des fils, bords caoutchouteux, faux
plafond, faux sols, faux murs, faux sourires. L’atmosphère est
oppressante. Les volets sont entrouverts, je soupçonne la personne qui
doit nous « briefer » de nous observer à travers lorsqu’il n’est pas dans
la salle pour nous permettre de lire la petite brochure censée nous
expliquer en quoi consiste ce fameux job.

« Charte du bon équipier

UN POSTE, UNE DEVISE

L’équipier « Posterscope contact » est un

C.A.D.O.R. Courtois, Accueillant, Dynamique, Organisé, Rigoureux

AMBASSADEUR du titre auprès de ses lecteurs, Il est ponctuel, dynamique,
souriant, avenant. »

Le jeune homme censé représenter tout ce que nous devrions vouloir
atteindre, le statut de CADOR, entre enfin. Seulement le jeune homme est
hésitant, bégayant, mou et peu convaincu. Il me paraît tout de suite plus
humain qu’un CADOR. Il nous fait lire à voix haute la brochure à la con en
attendant que nous prenions l’initiative de commencer. Même s’il désigne
tout d’abord les deux seuls noirs de l’assistance, certainement pour
s’assurer qu’ils ne sont pas illettrés. Une jeune fille mal à l’aise, Ana
[1], lève le doigt timidement pour lire mais Jean [2] un garçon plus
dynamique et plus enjoué réussit à attirer l’attention de l’examinateur
vers lui en s’agitant et en parlant bruyamment. Bravo garçon, tu es
dynamique. La jeune fille semble frustrée et déçue d’elle même de n’avoir
pas réussi à faire montre de plus de dynamisme, mais soulagée tout de même
de ne pas avoir à se donner en spectacle pour épater monsieur posterscope.
S’en suit alors deux ou trois autres compétitions successives à celui qui
aura le plus d’initiative en léchage de cul.

Je ne me sens pas bien dans cette atmosphère. Je n’ai qu’une seule envie,
partager un moment seul ou avec les gens que j’aime pour enfin pouvoir
relâcher ma colère et détendre mes muscles, me sentir à l’aise et sans
surveillance de mes moindres faits et gestes. Examinateur, si seulement tu
savais comme je peux être « dynamique » et passionné pour distribuer des
tracts écrits ou co-écrits pour exprimer des sentiments sincères, comme je
suis enjoué lorsque je m’adonne à mes passions. Là je suis faussement à
l’aise, les dents serrées, la gencive qui saigne et les mains moites. J’ai
envie de te casser la gueule pour m’insurger contre ton vocabulaire
immonde. Car tu es ce que je hais, ce qui pourris ma vie. Ce qui fait la
norme à laquelle ma boite crânienne est inadaptée.

On passe à un tour de table « afin que tout le monde s’exprime ». Ana, mal
à l’aise, semble improviser tout en récitant des phrases toute faites. «
Je veux travailler parce que j’aime travailler ». Je ne te crois pas mais
je sais que cette contrition est difficile. Je suis incapable de faire des
courbettes à un employeur comme tu viens de le faire. Je reste admiratif
que tu puisse y arriver alors que je sens bien qu’au fond de toi tu
aimerais toi aussi être ailleurs.

Dans ce tour de table, Jean, sort du lot : « Je suis étudiant en économie
et passionné de street marketing hors foyer car j’aime le contact avec les
clients. Je suis dynamique et j’ai l’esprit d’initiative. Je suis
président d’une association et j’ai milité pendant trois ans dans un parti
donc la communication et le marketing ça me connaît ! » avec un clin d’œil
ostentatoire et insoutenable. Je le regarde, ébahit de constater que c’est
un être humain que j’ai en face de moi. Cravate bien serrée mais style «
décontracté ». il se donne l’image d’un gars « cool » et « détendu ». il
est à l’aise. Dents plus longues que les bras et ton plus que déterminé,
il souhaite montrer que dans cette pièce, s’il ne fallait en prendre
qu’un, ce serait lui, pas les autres. L’examinateur termine son speech et
demande à l’assemblée si quelqu’un a une question en montrant bien à tout
le monde que c’est le moment ou jamais de se faire remarquer. Jean revient
à la charge, toujours aussi sur de lui même : « moi j’ai une question,
quelles sont les possibilités d’évolution à posterscope ? ».

Pia

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December 21, 2008

يرجى من القراء الكرام العودة إلى الموقع الألكتروني القديم الذي تمت صيانته ونعيد العمل به
http://www.albadilaltaharrouri.com/

حول موقع البديل

December 20, 2008

أيها الزملاء
لقد أنشأنا هذا الموقع ( البلوغ لأننا صادفنا مشاكل في الموقع الأساسي. أما الآن وقد أصبح الموقع ألأصلي على ما يرام فغننا سوف نوقف العمل بهذا البلوغ ونرجو أن تعودوا إلى القديم http://www.albadilaltaharrouri.com/index.htm

des mots contre le capitalisme le 12 décembre 2008/كلمات ضد الرأسمالية

December 15, 2008

ننشر هنا هذه المقالة التي وصلت إلى البديل اليوم بالذات (14-12-2008) من رفاقنا في CNT AIT في فرنسا. بكل أسف لا نستطيع ترجمتها إلى العربية. في خطوطها العريضة، في هذه المقال يبين الكاتب أن النضال من شأنه تحقيق إنتصارنا على الرأسمالية, وهو ينتقد بشدة الموقف الهزائمي الذي يتخذه اليوم جزء كبير من اليسار. ففي لبنان أكثر من أي بلد آخر نسمع كل يوم ردوداً من نوع: لا نفع من التظاهر، لا نفع من الكتابة، لا نفع من التنظيم.. سوف تفعل الحكومة ما تشاء شئنا أم أبينا.. والفساد لا حول ولا قوة..  أكثر من هذا بعض اليسار اللبناني يصرح اليوم دون حياء أن الرأسمالية طريق مرور لا بد منه..

 

في هذا المقال يفسر الكاتب الرفيق كيف أن العمال لا يستطيعون الإنتظار طويلا.. بل سيطفح الكيل ذات يوم وهذا حتمي.. وهو يعطي مثال رب العمل الهندي الذي تمَّ سحلُهُ في الأيام الأخيرة على يد عماله. وما يحصل في اليونان وأيطاليا وفرنسا هي بوادر لثورة جديدة لأن العمال والكادحين لن يقبلوا بإستغلالهم. في لبنان اليوم تكثر الشركات الأجنبية التي تستثمر في البلد (الله يكتر خيرها) ولكن العقود التي تعقدها مع العمال (غالبيتهم من حاملي الشهادات الجامعية) في السربرماركات والقهاوي (ستاربكس) هي عقود مؤقتة والأجور هشة وكل ذلك يتم تحت شروط قاسية تطلب المردود والتيقظ  والنشاط الدائمين، وهي معايير جديدة لدين جديد إسمه الماركتينغ والسوق الحرة والدينامية وغير ذلك من التفاهات.. لو لم نكن ضد الستالينية بعمق لكنا ترحمنا على عهد هذا الشيوعي المزيف… وشبابنا يضطر القبول بهذه الشروط، لا سيما وأن أبواب الخليج بدأت تقفل,

 

اليسار اللبناني أمام كل هذا لا ينطق  ببنت شفة والمثال الأبرز الحزب الشيوعي اللبناني الذي يتلطى خلف نضالاته الكلامية ضد الصهونية والأمبرليالية (ما عيرها) وبوش إلى جانب بلد الحريات سوريا البطلة.

 

                                         البديل الشيوعي التحرري- لبنان

                                                                        14-12-2008

 

 

 

Nous ne voulons pas payer pour leurs crises

 

 

Vous pouvez regarder les infos de la télé, lire les journaux : les luttes
sociales dans le monde ne font pas la première page, ni la deuxième.
Y compris dans le milieu dit militant, les négateurs sont à l’oeuvre
et les défaitistes sont à leur travail. Il y a ceux qui nous promettent
qu’ils ne se passera rien et ceux qui voient systématiquement la main de
la
CIA (ou le risque néofasciste, au choix) derrière le moindre mouvement
de collégiens. Rares sont ceux qui tentent de déchiffrer, dans ce monde
en plein chamboulement, les signes d’une résistance sociale.
 
Pourtant, ce travail est d’importance. Car le capitalisme en déroute a
besoin de temps pour se refaire une santé. Pour lui, il est primordial que
tous ceux qui se battent sur cette planète soient inaudibles, car rien
n’est plus contagieux que l’exemple de mouvements populaires : c’est
pourquoi les médias ne feront jamais ce travail d’information pour nous,
ni les politiciens. Certes, on peut déduire de la victoire annoncée
d’Obama aux USA [article écrit fin octobre 2008], de la montée dans les
sondages de Besançenot, qu’il se passe quelque chose sur cette planète qui
ressemblerait à une inflexion idéologique, mais ces éléments d’infos
largement affichés dans les médias ne le sont pas pour rien. L’un comme
l’autre, ces politiciens et leurs semblables, s’ils ont en commun de se
présenter comme porteurs d’espoirs, sont avant tout des pions de la
stratégie de la bourgeoisie qui consiste à temporiser, à nous faire nous
promener d’une illusion à une autre, à éviter tout passage des masses à
l’action. Et cela se comprend car…
 
QUAND LES OUVRIERS SE BATTENT, LES PATRONS TRINQUENT
 
Depuis des mois, les USA font les gros titres de l’info. Mais, bien peu de
lignes sont consacrées à la grève massive chez Boeing ! Pourtant, le géant
mondial de l’aéronautique est depuis le 6 septembre à ce jour (1er
novembre) paralysé par une grève votée par 87 % de ses 27 000 ouvriers
mécaniciens. Le syndicat des mécaniciens, l’International association of
machinists and aerospace workers (IAM) exige des augmentations salariales
de 13 % sur une durée de contrat de trois ans et refuse le recours de
Boeing à la sous-traitance. La direction de la firme de Chicago ne veut
pas aller au-delà d’une augmentation de 11 %, sans tenir compte de primes
diverses. L’IAM n’est certainement pas révolutionnaire. Mais elle n’a pas
hésité à mener une grève dure. Et sa base est motivée à faire cracher le
morceau au patronat. En tout cas, la grève coûte cher à Boeing, et ça,
c’est déjà positif : son bénéfice est tombé au troisième trimestre à 685
millions de dollars, soit 96 cents par action, contre 1,1 milliard (1,44
dollar) un an plus tôt. Les analystes estiment que chaque jour de grève
représente 100 millions de dollars de chiffre d’affaires perdus.
 
Autre exemple de réaction ouvrière à une pression insupportable : en Inde.
Bien que ce pays soit traversé par une multitude de conflits de classe,
jamais une information globale n’est donnée par nos médias. C’est à
travers ce qui est présenté comme un fait divers que l’on peut apprécier
la température sociale. Elle a l’air chaude. Le 22 septembre dernier le
conflit social affectant une entreprise de la banlieue industrielle de New
Dehli a tourné à l’émeute. Le PDG a été lynché par 200 anciens employés
furieux d’avoir été licenciés et touchés dans leur dignité. Ses
ex-salariés d’une filiale indienne de l’équipementier automobile italien
Graziano Transmissioni India avaient été conviés par leur ancien patron à
une réunion de conciliation. En fait de conciliation, le patron demandait
à chacun une lettre d’excuses. Le comble de l’insolence. Furieux, les
travailleurs rassemblés devant l’usine s’y sont engouffrés lorsque les
grilles se sont entrouvertes pour laisser passer une voiture. La foule a
détruit les automobiles stationnées dans le parking, enfoncé les vigiles
et frappé le PDG. Les heurts ont fait, en tout, un mort (le patron) et une
quarantaine de blessés dont vingt-trois ont été hospitalisés en soins
intensifs. Rendu probablement prudent par la vigueur de la réaction, le
ministère indien du travail a déclaré qu’il conseillait aux patrons de ne
pas trop exaspérer leurs exploités… On ne sait jamais en effet…
 
ET QUAND LA VAGUE MONTE, LES CRÉTINS VOIENT DU CALME PLAT
 
Ainsi donc d’un bout à l’autre de la terre des ouvriers se battent,
passent à l’offensive, infligent à leurs chefs pleins de morgue des pertes
physiques et matérielles considérables. Mais nos vieux gauchistes
continuent à tenter de bercer le bon peuple sur l’air de “inutile de faire
quoi que ce soit, de toute façon, c’est perdu d’avance”. Ainsi, l’un d’eux
écrit : “Bref, il n’y aura ni chute finale du système, ni lutte finale qui
l’abattra. Après une bonne purge dans les circuits financiers, … des
restructurations dans les milieux financiers, les choses vont redevenir
comme avant. L’Etat se retirera peu à peu de l’économique… vont sagement
retrouver leur rôle (rappelezvous mai 68 !)… en préparant les prochaines
élections et… en attendant la prochaine crise”. Ce qui n’a d’ailleurs pas
empêché l’intéressé d’être un pilier de ces organisations pendant des
années… mais, bon, on est bien obligé de les critiquer un peu maintenant,
pour tenter d’être crédible !
 
Bref, ce à quoi nous assistons dans ce pays, du grand silence des
syndicats jusqu’aux discours les plus creux, n’est pas autre chose que la
tentative de provoquer le découragement de tous ceux et celles qui,
aujourd’hui, sentent que c’est le moment de porter des coups de boutoirs à
un système qui trébuche.
 
Pas de perspective de lutte ? Plus près de nous encore, en Grèce, voici,
transmis par des copains de là-bas, ce qui s’est passé le 21 octobre
dernier : “La réponse de la population grecque à la crise sociale fut déjà
immédiate l’année passée, de grandes manifestations ont eu lieu et
beaucoup d’anarchistes y ont participés activement. Cette année la lutte
continue. Le 21 octobre grève des services publics et privés, … les
transports publics ne fonctionnent que pour permettre de se rendre à la
manifestation et les hôpitaux acceptent seulement des cas d’urgence. Les
couches moyennes ellesmêmes se sont mises en grève le 22 octobre, sous le
slogan “On ferme pour qu’ils ne nous ferment pas”.La manifestation, qui a
eu lieu le 21 octobre, a attiré beaucoup de monde, même les retraités, qui
sont tellement touchés par la crise. La présence des lycéennes et des
collégiennes sous le panneau “C’est pas les livres, c’est pas les notes,
ce qu’ils nous volent c’est notre vie” était dynamique, 150 lycées et
collèges sont en grève depuis le début d’octobre. Les étudiants et les
ouvriers étaient également très vindicatifs. La manif commence et des
anarchistes entrent dans une banque, qui normalement devait être en grève,
ils font sortir tout le monde et ensuite ils détruisent les ordinateurs,
l’ATM, les vitrines et ils y jettent un cocktail molotof, la réaction des
jeunes qui étaient dehors, étaient assez encourageante, ils criaient
contre les briseurs de grève et plusieurs d’entre eux stimulaient les
anarchistes à sortir l’argent et à le distribuer”.
 
En Italie, fait symptomatique, c’est autour de ce même mot d’ordre “Nous
ne voulons pas payer leurcrise”, que grandit un énorme mouvement de
masse, ce qui fait écrire à un internaute sur le forum de la CNT-AIT Caen
: “Ce qui se passe en Italie est très important. Cela rappelle ce qui a
été fait en France lors du mouvement anti CPE. Comme en France, il y a une
très grosse mobilisation nationale, toutes les villes sont touchées par
des mouvements, des grèves et des occupations. Il y a dans ces
manifestations non seulement des étudiants et des lycéens, mais aussi des
professeurs et apparemment des gens qui n’appartiennent pas à l’éducation
mais sont solidaires avec ce mouvement.
 
D’après ce que j’ai pu lire en italien, et de ce que j’ai pu comprendre,
s’organisent des meetings ou des centaines d’étudiants discutent et
débattent pour savoir comment développer la mobilisation. Ces assemblées
ont lieu dans des endroits publics et sont ouvertes à tous. Bien sûr ce
mouvement se situe dans un contexte différent de la France de 2006, à
savoir qu’outre la grosse attaque qui est menée (réduction massive de
financement de l’éducation, réduction massive du personnel, on parle de 87
000 suppressions de postes) il y a tout le poids de la crise financière
qui s’est invitée. Beaucoup de manifestants ont scandé “Nous ne voulons
pas payer la crise”. La jeune génération est dans la rue, inquiète de son
avenir, et il est encore plus sombre avec les perspectives de récession
qui sont devant nous. Ce mouvement a été très peu médiatisé en France. En
fait la bourgeoisie française a peur d’en faire la publicité et que cela
réveille les souvenirs du printemps 2006. Depuis 2003 les ouvriers
reprennent une dynamique mondiale de luttes ; dans le contexte de crise
actuelle, ces luttes vont se développer. On est encore loin de la
révolution, mais toutes ces luttes de résistance contre les mesures que
vont de plus en plus prendre tous les Etats du monde sont nécessaires pour
que se développe la conscience que ce système est pourri, qu’il ne peut
plus rien apporter et qu’il faut le détruire.”
 
Alors, les amis, ne baissons pas les bras. Si chacun prend ses
responsabilités, non seulement nous ne payerons pas leur crise mais eux
payeront pour leurs crimes. Haut les coeurs !
 
J.-C.
 

 

Le capitalisme est malade الرأسمالية مريضة

December 8, 2008

Le capitalisme est malade ? Qu’il crève !

Ils sont en émois. Depuis quelques semaines tout ce que la planète compte
de dirigeants, qu’ils soient politiques ou financiers, ne s’agite
qu’autour d’une chose : la crise financière. L’affaire des sub-primes aux
Etats-Unis a montré l’extrême fragilité (pour ne pas dire escroquerie) des
institutions financières, du coup, ce qu’on appelle le marché
interbancaire a été paralysé. Prises de peur, les banques ne voulaient
plus se prêter entre elles. Or, ces prêts sont vitaux pour la survie d’une
économie capitaliste. Sans eux, des banques se retrouvent du jour au
lendemain avec leurs comptes dans le rouge, au bord du gouffre, voire
carrément en faillite (Lehmann brothers). Les bourses ont chuté de manière
impressionnante. Avec moins de crédits, moins d’activité économique. La
récession commence à s’installer à l’échelle mondiale. Fait sans
précédent, la réponse des gouvernements a été fulgurante et d’une ampleur
inimaginable : des milliards ont été instantanément débloqués par tous les
Etats au motif qu’il fallait empêcher une faillite généralisée du système.
Les journaux vous ont déjà expliqué tout ça.

Si l’on décolle les yeux du guidon, ce qui saute aux yeux, c’est que, ce
qu’on nous présente comme une “crise” n’est que la poursuite inexorable
par le système capitaliste de sa logique mortifère. Ce n’est pas une
“erreur”, ce n’est pas un “malheur” dû au hasard, à un enchaînement de
circonstances*1. C’est la conséquence des mécanismes économiques
habituels.

Si crise il y a, c’est bien à un autre niveau. C’est une crise de
confiance. Non pas chez les financiers, mais dans la population générale.
Un nouveau “mur de Berlin” vient de tomber : la croyance jusque là bien
ancrée dans la population que, tant bien que mal, le capitalisme pouvait
faire sinon la richesse de tous du moins améliorer progressivement les
conditions de vie. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les
dirigeants ont travaillé l’opinion pour qu’elle accepte cette idée,
qu’elle admette que le capitalisme est le seul système qui puisse garantir
à la fois la liberté et la prospérité car le bonheur de quelques-uns
allait in fine faire le bonheur de tous. Cette resucée de la théorie de la
“main invisible” ; concept inventé par Adam Smith à la fin du 18eme siècle
est le fondement du discours idéologique du capitalisme.

Certes, ce discours était déjà totalement en contradiction avec la réalité
observable. Mais, malgré les guerres, les famines, la misère, l’oppression
écrasante, l’exploitation éhontée dans la plus vaste partie du monde ainsi
que dans nos pays une exploitation et une oppression plus feutrées,
globalement, les populations d’occident adhéraient à ce mythe. Les
contradictions que la crise financière à mise en évidence est en train de
le faire voler en éclat ;

Les enfants africains pouvaient crever de faim et du sida, les Irakiens
mourir sous les bombes, les boat people du Maghreb s’échouer sur nos
côtes, personne ne considérait qu’il y avait crise et bien peu réclamaient
les mesures qui s’imposaient. Tout allait pour le mieux dans le meilleur
des mondes. La propagande tournait à plein, les publicités vantaient des
téléphones magnifiques, des voitures puissantes et désormais écologiques.
Mais, dès que le portefeuille des plus riches, des gens de la finance,
menace de se vider, alors là, pas d’hésitation, branle-bas de combat et
mobilisation générale : il faut sauver la banque.

Difficile de démontrer plus clairement que, pour ceux qui nous dirigent,
la société, c’est eux, uniquement eux. Les autres, tous les autres, nous
ne sommes rien.

L’idéologie libérale est criminelle par essence

Avant d’aller plus avant, interrogeons-nous sur l’idéologie du
capitalisme. Nous l’avons vu, le capitalisme se justifie moralement en
diffusant la croyance que le chacun pour soi, est finalement bénéfique à
la société ; une “main invisible” se chargeant de répartir les bienfaits
qui découlent des différentes actions individuelles. Pour bien comprendre
cette théorie basique du capitalisme, laissons la parole à son concepteur,
Adam Smith : “À la vérité, son intention [au capitaliste], en général,
n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas
jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès
de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense
qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant
cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur
possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup
d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui
n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il
y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses
intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille
souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que
s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux
qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le
bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette
belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne
faudrait pas de longs discours pour les en guérir.”*2

Dès ses débuts, le capitalisme a opposé aux notions de “solidarité”,
“d’entraide” et de “bien commun” le diktat suivant : il ne faut pas s’en
occuper, car cela pourrait bien être néfaste. Idéologie du chacun pour
soi, le libéralisme des débuts du capitalisme a connu depuis un essor
mondial qui en fait aujourd’hui l’idéologie dominante à l’échelle
planétaire. Il ne faut toutefois pas croire qu’elle soit uniforme. Il
existe en effet toute une série de nuances (plus ou moins d’intervention
étatique, de liberté, etc.) qui lui permettent de s’adapter à toutes sorte
de situations. Mais le socle reste le même : la propriété privée des
moyens de production, et l’initiative individuelle.

Dans cette idéologie, il n’est jamais question de ce que nous vivons tous
les jours : l’exploitation éhontée des travailleurs et la répression des
classes populaires. Le libéralisme refuse de reconnaître, de concevoir
même, la lutte des classes. L’accepter, ce serait reconnaître que les
valeurs qui sont les siennes (individualisme, …) ne sont pas adaptées au
but qu’il annonce (enrichissement de tous). Par conséquent, la misère et
l’exploitation sont des affaires purement individuelles pour cette
idéologie. “Si tu meurs de faim, c’est de ta faute, va travailler, et tu
verras que tout ira mieux !”, disent les capitalistes.

Un crime contre l’humanité à l’échelle planétaire

Lors de la crise alimentaire déclenchée ce printemps, les gouvernements
ont timidement débloqué quelques millions de dollars : 200 millions pour
les USA. A comparer aux 10 milliards d’euros débloqués par la seule France
pour sauver ses banquiers. On voit là l’indécence de nos dirigeants : rien
ou fort peu pour les pauvres qui meurent de faim, mais des sommes
astronomiques pour les quelques salopards qui ont joué avec notre argent,
qui ont perdu et qui maintenant viennent quémander auprès de l’Etat des
sous (les nôtres) pour rembourser leurs pertes. Et l’Etat paye. Et il paye
cher. Plusieurs dizaines de milliards ont déjà été débloqués pour
renflouer les banques. Pendant ce temps, des gens dans les caraïbes
mangent de la terre mélangée à de l’huile et du sel pour tromper leur
faim. Pour eux, pas d’argent ; pas plus que pour les 18 000 enfants qui
meurent chaque jour de faim. Il ne s’agit pas ici de fatalité, mais bien
de choix pris par des gens qui sont responsables de ces choix, qui
arbitrent entre plusieurs choix possibles. Ils ont donc choisi que notre
argent (celui que nous leur versons par nos impôts indirects et directs)
irait aux riches plutôt qu’à ceux qui meurent de faim, même s’ils meurent
de faim suite aux décisions prises par la caste des dirigeants de la
planète : destruction systématique des agricultures vivrières
traditionnelles, exploitation accrue de la population locale (salaires de
misères), etc.

Dans l’approche même du “Droit” des Etats capitalistes, les “… actes
inhumains … causant intentionnellement de grandes souffrances ou des
atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale”
constituent un crime contre l’humanité. La famine, l’extrême misère qui
font subir des traitements inhumains à des foules de nos semblables, qui
tuent dans des souffrances atroces tous les jours les plus fragiles, sont
la conséquence directe de choix économiques conscients, “éclairés”, de nos
dirigeants. Et ils s’abstiennent de la soulager alors même qu’ils en ont
parfaitement les moyens. Ce faisant, ce sont des criminels contre
l’humanité.

La fin du double discours ? Parallèlement, les banques sont arrosées de
milliards. Or l’idéologie libérale, de part son individualisme, devrait
commander une non-intervention de l’Etat. Reprenant ce qu’ils disent aux
chômeurs, aux pauvres, aux citoyens de deuxième zone, les banquiers
auraient dû dire : “Si j’ai perdu ma fortune, c’est bien de ma faute, je
vais travailler plus et je gagnerai plus, tout ira ainsi mieux !”. Mais le
principe selon lequel “chacun est responsable de ses actes” a été
instantanément balayé, sans crise de conscience, et les plus
ultra-libéraux de nos capitalistes n’ont pas été les moins rapides à venir
pomper les finances publiques.

Ce fait montre bien deux choses. D’abord combien l’idéologie capitaliste
est un discours creux, simplement destiné à faire accepter par les dominés
l’exploitation que leur impose la classe dirigeante (en leur faisant
miroiter une amélioration de leur situation, et en les culpabilisant sur
leur responsabilité individuelle). Ensuite combien l’Etat est un autre
outil aux mains de cette même classe. De ce point de vue, il a été amusant
de suivre les réactions gouvernementales dans les différents pays
européens. Aux nuances près, Sarkozy ne fait pas autre chose que Merkel
qui reprend les décisions de Zapatero elles-mêmes inspirées de
Berlusconi… sans oublier le FMI actuellement sous la direction d’un
“grand socialiste” français. Gouvernements de “droite” (et parfois de
droite extrême) et de “gauche” n’ont pas été longs pour se mettre d’accord
sur l’essentiel et faire tous la même chose !

Il est aujourd’hui éclatant que la classe dominante, la bourgeoisie, tient
un double discours : elle dit aux pauvres et aux travailleurs “faites des
efforts, travaillez, prenez des risques, vous en retirerez du bon ” (sans
dire que les pauvres qui peuvent “réussir” ainsi sont forts peu nombreux)
; et elle n’hésite pas à spolier et voler pour rattraper ses erreurs et
limiter ses pertes. Cette conduite est celle du capitalisme depuis ses
origines, mais aujourd’hui elle a une visibilité jamais atteinte jusqu’à
présent. Jamais les capitalistes n’avaient pillé la collectivité à cette
hauteur en aussi peu de temps, et de plus, dans un contexte de famine pour
des millions d’humains.

Les vieux discours ne peuvent plus fonctionner, le pouvoir voit bien qu’il
ne peut plus se justifier comme avant. Il parle alors de ” refonder le
capitalisme “, de réformer les règles, d’introduire de la morale… Il
s’agit pour lui de gagner du temps, pour qu’on oublie un peu ce qui vient
de se passer. Il s’agit surtout de faire en sorte que l’enrichissement
d’une minorité et l’exploitation de tous puisse continuer sans accrocs.
Les réformes qui sortiront des prochains sommets internationaux ne
changeront rien, parce qu’elles sont faites par ceux qui ont créé cette
situation, qui en tirent à la fois d’énormes bénéfices et tout leur
pouvoir. Et les plus pauvres continueront à bouffer de la terre avec de
l’huile. S’il leur reste encore de l’huile.

Une seule solution, le communisme libertaire

L’échec patent du messianisme capitaliste qui nous assurait que la main
invisible améliorerait le sort de tous, nous place devant une évidence :
ce monde est inhumain. Il nous place également devant nos responsabilités.

Si un autre monde a toujours été envisageable, il devient aujourd’hui
nécessaire. Et, ce qui accroît la possibilité d’y parvenir, le facteur
nouveau qui va nous aider dans notre travail militant, c’est justement la
cynique contradiction du capitalisme que la crise financière a rendu
évidente, bien au-delà des cercles qui la critiquaient déjà. De plus, même
s’ils y ont encore recours, faute de mieux, la critique de cette
contradiction englobe pour une masse croissante de personnes les complices
habituels de l’Etat : syndicalistes institutionnels, politiciens de
gauche, et autres postiers trotskistes qui ne rêvent que d’être aux
commandes de ce même Etat. “Tous pareil” est le constat que l’on entend
déjà partout. C’est là aussi un point positif sur lequel il faut prendre
appui. Car, il ne s’agit pas d’envisager un avenir lointain, une sorte de
paradis sur terre précédé du “grand soir. Il s’agit simplement de remettre
la solidarité de classe au centre du débat, de participer à son
auto-organisation, d’arracher au pouvoir le contrôle de nos vies. Ce qui
se traduit concrètement par une action quotidienne, un travail militant de
fourmi, qui ne prend sens qu’en s’inscrivant clairement dans une dynamique
révolutionnaire. C’est à cette résistance quotidienne à l’oppression, à
cette action continue, que nous engageons chacun, là où il travaille, vit,
étudie, que nous engageons chacun.

Des militants CNT-AIT

_1- Remarquons que si le pouvoir met l’accent sur les financiers qu’il
faut sauver de la ruine, il est d’une discrétion absolu sur ceux qui ont
multiplié leur fortune grâce à cette même crise. Tout l’argent disparu n’a
quand même pas été perdu pour tout le monde. Il n’est venu à l’idée
d’aucun politicien d’en récupérer un peu pour éponger les dettes. Curieux,
n’est-ce pas ?

_2- Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des
nations, 17

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Paru dans Anarchosyndicalisme ! n° 109

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